LES PERIODES ANCIENNES

 

L'occupation humaine en Macédoine remonte à la période paléolithique. Les vestiges des très hautes époques restent rares, mais deux sites ont été identifiés avec certitude, en haute Macédoine ( Palaiokastron ),et surtout en Chacidique, ( Pétralona ), attestant une présence humaine vieille d'au moins cinquante mille ans.

Toutefois, c'est à partir de 6000 av JC, que les vestiges d'établissements humains se multiplient. Les habitants du Néolithique anciens en Macédoine, s'adonnent à l'élevage, surtout des caprins et des ovins et, pratiquent une agriculture élémentaire. Les fouilles à Néa Nikomidia, près de Béroia , le sîte le mieux étudié de cette période, nous révèle une culture matérielle et spirituelle assez sophistiquée.

Le sîte de Servia en haute Macédoine, occupe pour le néolithique moyen ( 5000-4000 av JC ) une position comparable à celle de Néa Nikomidia pour la période précédente. L'élevage des porçins et des bovins semble prendre le pas sur celui des caprins et des ovins; la vaisselle et les figurines en céramique témoignent de contact étroit avec les régions plus méridionales, en particulier en Thessalie, liens qui se poursuivent et se renforcent pendant le néolithique récent. Le passage du néolithique réçent au bronze ancien reste "obscur et contreversé": les dates proposées varient entre 3000 et 2400 av JC. L'organisation de l'habitat aussi bien que la céramique confirment encore une fois l'étroite relation entre la Macédoine ( au moins pour ses parties centrale et occidentale ) et la Thessalie. La diffusion de cette nouvelle culture pourrait correspondre à l'arrivée dans la région des premières populations préhelleniques d'origine indo-européenne, que l'on connait surtout sous le nom de Pélasges.

La période du bronze moyen est très mal connue mais, avec le passage au bronze réçent, les vestiges deviennent abondants dans la partie centrale du pays, entre les fleuves Strymon et Axios. Le tournant du IIIème au IIème millénaire voit l'arrivée de groupes humains parlant un dialecte indo-européen qui deviendra plus tard le grec: ce sont les futurs créateurs de la civilisation Mycéenne. La période du bronze récent soulève un problème majeur, celui de la frontière septentrionale du monde mycénien. Quoique la céramique mycénienne atteigne en quantité importante les régions cotières de la Macédoine centrale, voire pénètre dans l'intérieur des terres le long des axes fluviaux, tout indique que le golfe Thermaïque et son arrière pays n'ont jamais fait partie d'un royaume "achéen". Jusqu'à une époque très récente, la Thessalie était considérée comme l'extrême limite du monde mycénien vers le Nord. La découverte ces dernières années, d'établissements mycénien en Piérie ( Agios Démétrios ) et en Elimée ( Aianè ) est en train de modifier rapidement cette image. Il n'est pas exclu qu'il faille bientôt réviser la conception traditionnelle d'un monde mycénien coupé de la Macédoine par la masse montagneuse du Mont Olympe et repousser ses limites septentrionales jusqu'au bassin du fleuve Haliacmon.

Avec le passage à l'Age du fer, vers l'an 1000 av JC, se pose avec acuité la question des rapports entre groupes éthniques et diffèrent type de cultures matérielles. Les vestiges les plus mystérieux et les plus excitants sont les centaines de tumuli funéraires de la grande nécropole de Vergina (Grèce), dont les plus anciens remontent vers 900 av JC. Peut-on les attribuer déjà aux Macédoniens ? Selon la tradition, porteuse sans doute d'un noyau d'histoire authentique, c'est la prise de la citadelle brygienne ( on appelle Bryges les Phrygiens d'Europe ) d'Edessa par un roi de la dynastie des "Téménides (Téménidis) " appelé tantôt Perdiccas et tantôt Caranos et la sédentarisation de son peuple de pasteurs transhumants qui constituent l'acte de fondation du royaume macédonien.

Toujours d'après cette tradition que l'historien Théopompos avait recueilli auprès des macédoniens eux-mêmes, on compte, parmi les premières mesures prises par les conquérants, la substitution du nom grec Aigéai (Grèce) au nom brygien Edessa et le choix du lieux de sépulture des membres de la dynastie. Comme les fouilles de ces dernières années l'ont démontré, ce lieu n'est autre que, la nécropole de Vergina (Grèce).